L’asphalte, ce monde impitoyable. Un virage, une chaussée, une route glissante, et c’est une course qui se perd, une étape qui s’envole. Mais dans certains cas, c’est une carrière qui s’arrête. Ou pire, une vie que la route arrache.

Début juin, le jeune cycliste sud-africain Keagan Girdlestone participe à la Coppa della Pace, une course réservée aux coureurs de moins de 23 ans. En pleine descente, il rentre en collision avec sa voiture d’équipe et traverse le pare-brise arrière. Annoncé mort par plusieurs médias, Keagan est bien vivant. Dans un état critique, mais en vie. Un miracle.

C’est son père qui a démenti la mort de son fils, le soir même : Keagen Girdlestone est bien en vie. Pour les médecins, il ne survivra pas aux premières 24 heures. Sa famille est sous le choc, et se rend en urgence en Italie. Keagan est toujours en vie, s’accroche, et défie un pronostic vital qui le donnait pour mort. De défi en défi, Keagan va connaître une rédemption fulgurante. Neuf jour après le drame, il sort du coma. Son cerveau est touché, il ne fonctionnera plus pour les médecins. Mais Keagan n’est pas d’accord. On lui annonce qu’il ne pourra pas se déplacer seul. Deux semaines après, Keagan marche. Seul. Déterminé.

Quelques semaines après, il retourne chez ses parents, en Nouvelle-Zélande. Sur des roues, mais celles d’un fauteuil roulant. Son bras gauche est inerte mais sa motivation, elle, est en béton armé. Soutenu notamment par le sprinteur britannique Mark Cavendish, il va peu à peu reprendre le chemin du vélo. Pédaler à nouveau, se remuscler, retrouver ses sensations : tel est son credo désormais. Car près de cinq mois après son terrible accident, Keagan Girdlestone ne compte pas lâcher son rêve, celui de devenir un jour un cycliste professionnel. La vie ne l’a pas épargné, et a même tout fait pour le briser. Annoncé mort, passé si près d’une tragédie, il est aujourd’hui plus vivant que jamais.