De la lumière d’Athènes et Pékin au crépuscule de Rio : telle est la trajectoire de Kenenisa Bekele. Non sélectionné par son pays pour la dernière olympiade (ni sur le marathon, ni sur le 10 000m), l’Éthiopien, véritable légende de l’athlétisme, a subi la loi des minima. Une loi chiffrée avec des critères exigeants, cruels, mais sportivement justes.

Quand on est détenteur des records du monde sur 5 000 et 10 000m depuis plus de dix ans, on ne peut pas rater les Jeux ? Et bien si. Quand on est cinq fois champion du monde et double champion olympique du 10 000, on ne peut pas rater les sélections ? Et bien si. En abandonnant lors du 10 000m des sélections éthiopiennes, le champion éthiopien a annihilé sa dernière chance de représenter son pays à Rio. Un cataclysme pour bon nombre d’athlètes. Mais la confirmation d’un fait indubitable : à 33 ans, tout Kenenisa Bekele qu’il est, il reste un être humain. Faillible.

Une fois la déception passée, il faut rebondir. Revenir de loin certes mais plus fort, plus déterminé que jamais. Kenenisa Bekele l’a bien compris et s’est présenté au marathon de Berlin fin septembre avec une idée claire en tête : marquer les esprits. Et bon sang, il a diablement réussi son pari. A l’issue d’une course incroyable, avec le départ le plus rapide de l’histoire, l’Éthiopien l’a emporté, avec un temps de 2h03min03, soit la deuxième meilleure performance de tous les temps, à 6 secondes du record du monde. Son rival, le Kényan Wilson Kipsan, n’a pu que s’incliner, dépassé par la puissance de Bekele. Sous la porte de Brandenbourg, l’Éthiopien est revenu en pleine lumière. A sa place.