Dans une équipe, il y a toujours un homme qui sait motiver ses troupes, faire sauter les barrières, transcender le groupe. Eldin Demirović, du haut de son mètre 94 et de ses 24 ans, est plus qu’apprécié dans son club du Stade Poitevin Volley Beach (STVP). Jeune attaquant-réceptionneur talentueux, surfant sur son excellente forme du moment, Eldin est confiant. Mais un soir de janvier, alors que Poitiers affronte Tours dans un match amical, Eldin s’envole pour contrer la balle, et retombe mal sur le pied. Dure est la chute, plus fatal encore est l’atterrissage.

Une grimace, puis il s’écroule sur le sol. On comprend, immédiatement : quelque chose s’est passé. Quelque chose de grave. Le match est arrêté, Eldin est transporté sur une civière à l’hôpital. La saison du joueur poitevin est d’ores et déjà terminée. Fauché en plein vol, Eldin prenait une nouvelle dimension depuis quelques semaines en Ligue A. C’est désormais par une opération chirurgicale que passe sa rédemption : « arrachement de deux ligaments et de la capsule de la malléole ». Tout sauf une mince affaire.

Mais Eldin est têtu, acharné. Trois mois après l’opération, il saute, court, et mieux encore il apprend qu’il n’aura pas de séquelles pour la suite de sa carrière. C’était la seule incertitude. Jamais il n’aura lâché sa passion. Le volley, c’est son présent, son futur, son ADN, sa raison de vivre. Il n’a pas abandonné et n’abandonnera jamais.

On est le 14 septembre, huit mois ont passé. Eldin Demirović retrouve l’effectif poitevin pour jouer son premier match -amical- depuis sa blessure. En janvier, il était en pleine forme, en pleine puissance. Observé par l’équipe de France, il y était presque. Huit mois plus tard, il revient, plus fort et déterminé que jamais. Sur ses deux jambes, debout, à nouveau prêt à en découdre.