Saturday 6 August, Rio Olympics are launched, the gymnastics competition can begin. 3e des qualifications à l’anneau, le Français Samir Ait Saïd se présente à l’épreuve du saut. Confident, serene, ready, il s’élance. His race is high, son saut approximatif. Sa réception, she, sera terrible.

Clac. Il s’écrase sur le tapis, se tient le visage, désabusé. Sa jambe est tordue, les juges sont abasourdis, la foule est estomaquée : son tibia péroné gauche s’est brisé en deux. La réception lui a été fatale, comme en 2012 aux championnats d’Europe, deux mois avant les JO de Londres. Cette fois-ci, c’était le tibia droit, mais avec la même incidence : un rêve olympique qui vole en éclats. Ses proches sont en pleurs, sa famille est chamboulée. Quatre ans de travail, quatre ans de préparation, quatre ans rivés vers un objectif qui en une fraction de seconde se brise. Comme son tibia.

Transféré en urgence à l’hôpital, Samir cogite. Le voyage dans l’ambulance est chaotique, l’opération à venir est floue. Qu’importe, Samir n’est pas un athlète comme les autres. Samedi après-midi, opération. Lundi après-midi, village olympique. C’est comme ça, c’est plus fort que lui, la fierté d’un champion. Même pas 48 heures après sa terrible blessure, il arbore fièrement un plâtre bleu-blanc-rouge, et se déplace à béquilles pour encourager ses compatriotes. Une leçon, de courage d’abord, mais surtout d’état d’esprit.

Presque deux mois après le drame, Samir est en pleine rééducation. Deux heures par jour, il travaille d’arrache-pied. Des objectifs, il a le temps de s’en fixer. La priorité, c’est de remuscler sa jambe, réapprendre à marcher, revenir progressivement à l’activité sportive. Bien sûr qu’il pense aux championnats d’Europe en avril 2017, bien sûr. Et avec le soutien mondial et unanime qu’il reçoit depuis ce terrible accident, on voit mal ce qui peut l’arrêter. Car, comme il dit en interview, plein d’aplomb et sûr de lui : “Je serai à Tokyo en 2020, je vous en donne ma parole et je l’aurai ma médaille olympique”. Évidemment que tu y seras Samir. Mais tu n’y seras pas seul : on sera tous là, avec toi. On vibrera tous, avec toi. Et on chantera tous la Marseillaise, avec toi.